Face au MPOX, le Cameroun intensifie sa riposte avec une vaccination ciblée à Douala
Douala, 11 avril 2026 – À l’hôpital Laquintinie, l’effervescence est palpable. Professionnels de santé, responsables institutionnels et membres des communautés sont réunis pour un moment clé de la riposte sanitaire : le lancement officiel de la vaccination contre la mpox dans la ville Douala, épicentre de l’épidémie au Cameroun.
Cette initiative, menée par le Gouvernement du Cameroun avec l’appui de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et des partenaires techniques et financiers, marque une étape décisive dans la lutte contre cette maladie virale.
La mpox est une maladie infectieuse virale qui se manifeste généralement par une éruption cutanée ou des lésions muqueuses durant deux à quatre semaines, accompagnées de fièvre, maux de tête, douleurs musculaires et dorsales, fatigue intense, ainsi que de ganglions lymphatiques enflés. Elle se transmet de l’animal à l’humain, mais aussi d’une personne à une autre, principalement par des contacts étroits, notamment peau à peau ou par contact avec des lésions.
À la date du 2 avril 2026, le Cameroun a enregistré 207 cas suspects, dont 37 cas confirmés depuis le 14 novembre 2025.
Les régions affectées sont :
Centre: 4 cas
Littoral: 24 cas actifs
Est: 1 cas
Sud-Ouest: 6 cas
Nord-Ouest: 2 cas
Au total, 59 districts de santé sont touchés à travers le pays. La région du Littoral concentre à elle seule 9 districts sanitaires affectés, confirmant son statut d’épicentre de l’épidémie.
Pour faire face à cette situation, le Cameroun a réceptionné 10 000 doses de vaccins contre la mpox avec l’appui d’ Africa CDC.
En raison de la disponibilité limitée des doses, la vaccination lancée à Douala se déploie de manière progressive et ciblée.
Les groupes prioritaires incluent les personnels de santé en contact avec les cas, les personnes contact, ainsi que les équipes engagées dans la gestion et le suivi des cas de mpox. Cette approche vise à rompre les chaînes de transmission et à protéger en priorité les personnes les plus exposées.
S’exprimant au nom du Représentant de l’OMS au Cameroun, le Dr Baonga Simon, a réaffirmé l’engagement de l’Organisation aux côtés du Gouvernement camerounais autour de quatre axes majeurs :
« Un appui technique et scientifique continu ; le renforcement des capacités des personnels de santé ; la promotion de la communication des risques et de l’engagement communautaire ; ainsi que le suivi et l’évaluation des résultats de la vaccination. Ensemble, nous avons la responsabilité et la capacité de bâtir une riposte solide et durable contre la mpox et au-delà, de toutes les menaces sanitaires émergentes. »
Le ministre de la Santé publique, Dr Manaouda Malachie, a salué les progrès réalisés grâce à la synergie entre le Gouvernement, les personnels de santé et les partenaires, tout en appelant à une vigilance accrue :
« La mpox n’est pas une maladie honteuse. Se cacher ou retarder la prise en charge expose non seulement la personne concernée, mais également son entourage et la communauté. La lutte contre la mpox est une responsabilité collective. »
Il a également insisté sur l’importance de la sensibilisation communautaire, du respect des mesures d’hygiène et de la consultation précoce dès l’apparition des premiers symptômes.
Madame Juliette Haenni, Représentante adjointe de l’UNICEF, a souligné l’importance de renforcer la communication des risques, de la lutte contre la désinformation et la stigmatisation, ainsi que du maintien des services essentiels pour les enfants et les familles, éléments clés d’une riposte efficace et inclusive.
Sur le terrain, les communautés jouent un rôle central. Béatrice, présidente du comité de santé de l’aire de santé d’Akwa 2, témoigne :
« Nous avons mené des actions de sensibilisation de porte en porte, notamment à Bonabéri et Bonadibong. À ce jour, entre 150 et 360 ménages ont été couverts. Plusieurs des personnes sensibilisées sont présentes aujourd’hui pour la vaccination. »
Parmi les personnes présentes figurent Suzanne et Henri Paul, anciens patients guéris de la mpox : « Au début, on ne comprenait pas ce qui nous arrivait. On avait peur, surtout du regard des autres. Mais les agents de santé nous ont rassurés et pris en charge. »
À travers cette campagne de vaccination ciblée, le Cameroun réaffirme sa détermination à protéger les populations, à freiner la transmission de la mpox et à renforcer la résilience de son système de santé, avec l’appui constant de ses partenaires.